Quand le fer se fait plomb !

Notre démocratie boite bien bas

Tout nouveau et déjà plus tout beau, notre gouvernement rame déjà avec deux affaires sur le dos tandis que ses confrères des différentes oppositions s’étranglent d’indignation devant des faits qui auraient pu tout aussi bien concerner certains des leurs. La moralisation n’est pas pour demain à moins qu’un grand coup de balai ne viennent chasser à tout jamais les anciens acteurs d’une comédie indigne et fort peu civique.

Pourtant, le banquier lisse l’avait proclamé haut et fort, les élus – ses ministres – seront triés sur le volet. Il faut croire que les persiennes ont encore laissé passer trop de scories des pratiques anciennes. L’hypothèse mériterait qu’on s’y arrête s’il y avait la plus petite chance de trouver un postulant ayant échappé à toutes les tentations de ce monde si opaque. Mais à bien y regarder, le ver est dans le fruit depuis si longtemps que le rêve de probité n’était qu’un vœu pieux.

Les entorses aux valeurs, si elles ne sont pas monnaie courante, sont à plus d’un titre parfaitement inévitables dans un système de la prébende, du privilège, des passe-droits, des avantages multiples et variés, des places réservées, des coupe-files et autres petits riens qui finissent pas creuser un fossé infranchissable entre le peuple des élus et les gens ordinaires.

Ne vous y trompez pas, ils n’ont même pas conscience de bénéficier de traitements privilégiés, de faveurs ou bien de tordre les règles déontologiques par quelques entorses vénielles. Leur laxité morale s’est construite au fil du temps, des mandats, des fonctions toujours plus élevées dans la hiérarchie monarchique. Ils ne s’en rendent même plus compte, confondent l’argent public et le leur, ne paient jamais un repas ou bien une place de spectacle.

Ce confort fait naître des habitudes si ancrées qu’ils s’étonneraient qu’on puisse leur demander de se garer comme n’importe quel citoyen quand ils se rendent à une manifestation, qu’ils fassent la queue ou bien qu’ils subissent la fouille réglementaire. Ils sont d’une autre nature que nous autres, exigent considération et courbettes, révérence et tapis rouge. Tout cela, non seulement leur monte à la tête mais en fait des citoyens d’exception, des membres d’une autre caste, des ci-devant prétentieux et indifférents à la plèbe.

Oh, bien-sûr, ils se mêlent à nous, fréquentent les marchés et les brocantes, les vide-greniers et les manifestations populaires quand approche le maudit scrutin qui risque de remettre en cause leur si précieux statut dérogatoire. Alors, pendant ces quelques semaines, ils font assaut de risettes, de poignées de main fermes et faussement chaleureuses, de petits coups de main sur l’épaule d’un quidam ordinaire avant de retourner au plus vite dans leur tour d’ivoire, une fois le succès acquis.

Il ne faut pas leur en vouloir, la fonction et le pouvoir créent naturellement les conditions de l’exception, favorisent les cadeaux et les services des vassaux et des quémandeurs, permettent de céder aux sirènes et aux avantages des scripto-influences (les affreux lobbyistes corrupteurs). Tout cela est inhérent au modèle, à son fonctionnement et à la nature humaine qui n’est jamais marquée du sceau de l’angélisme et de morale.

Pour éviter pareilles mésaventures, pour échapper aux affaires, pour laver plus blanc, pour sortir de ce marigot puant, il n’est pas besoin de couper quelques têtes. Peu ou prou, elles sont toutes tombées un jour dans l’un des innombrables pièges de ce système mafieux. Il convient simplement et définitivement d’instaurer le mandat unique. Un seul passage au soleil et le risque est bien moins grand d’attraper un mélanome.

Pour ma part, je pousserais même le bouchon un peu plus loin en réclamant la candidature unique. L’échec entraînerait la fin définitive du rêve. Vous verriez alors une réduction drastique des candidatures au lieu de quoi, nos prochaines législatives, ressemblent à la foire aux vanités avec des panneaux électoraux qui n’en finissent pas d’exposer des trombines abonnées à l’exercice.

Monsieur Ferrand peut bien équiper ses gros sabots de nouvelles protections, il ne mérite plus son bâton de maréchal, même si c’est la récompense d’une fidélité au nouveau monarque. La moralisation est une exigence qui ne suppose aucune mansuétude. Une canaille est une canaille, dans une bande comme dans toutes les autres. Nombreuses sont celles qu’il conviendrait de repousser lors du prochain vote. Les électeurs, si cajoleurs et obséquieux, continueront pourtant de faire allégeance à de vieux renards des urnes, des gredins et des barons adipeux. Il serait grand temps de réagir et d’oser le grand nettoyage de printemps.

par

C’est Nabum

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