Les illusions démocratiques de l’Iran

Décidément, tous les électeurs du monde sont destinés à être abusés par l’élection de champions de la démocratie et du mouvement citoyen. Hassan Rouhani a été réélu en se faisant passer pour un modéré, un champion de la démocratie, l’homme du renouveau. Hélas, comme dans d’autres pays, l’homme est une créature du système…

 

Le président iranien Hassan Rouhani a bien joué. Il vient d’être réélu, le 19 mai dernier. L’homme se pose en réformateur, promet une ouverture politique, l’accès plus libre à Internet, de revitaliser l’économie, d’en finir avec les excès religieux. Les actes risquent d’être moins ambitieux. Sadegh Zibakalam, professeur de politique à l’Université de Téhéran, résume l’enjeu pour la population : « choisir entre le mauvais et le pire ».

L’opposant de Rouhani à ces élections, le juge islamique Raisi était membre, en 1987, du « Comité de la mort », responsable de l’ exécution de plus de 4 000 prisonniers politiques. Cet épisode sanglant avait provoqué l’indignation même du successeur désigné de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, l’ayatollah Ali Montazeri : « Vous avez commis le plus grand crime de l’histoire de la République islamique ». Un gouvernement sous la conduite d’un président Raisi aurait pu effrayer les partisans d’un régime plus libéral en Iran.

Mais ne nous y trompons pas, Hassan Rouhani est également une créature de la République islamique. Député à l’époque de ces exécutions, il avait choisi le silence. Aujourd’hui, son allié politique est l’actuel ministre de la Justice, Mostafa Pourmohammadi. C’était l’un des juges les plus déterminés de cette « Commission de la mort ».

Le président islamiste a peut-être abusé ses électeurs. Mais, sur le plan international, il n’y a pas de dupes. L’accord de contrôle des armements nucléaires, signé avec les Etats-Unis, ouvre, on le sait, à l’Iran un chemin légal vers la bombe nucléaire. Rouhani peut bien promettre de respecter les engagements de l’Iran en matière nucléaire, pour espérer lever les sanctions économiques américaines contre l’Iran, il n’y arrivera pas. Israël, inquiet d’un Iran nucléaire, et le vieil ennemi sunnite, l’Arabie Saoudite, veulent sa mort. Ils ont trop de poids à Washington pour que l’Iran y rentre en grâce…

Source : http://williamkergroach.blogspot.fr/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s