Législatives : Entre recomposition politique et « chienlit » au PS et à LR …

Après qu’Emmanuel MACRON a pris la tête au premier tour des Présidentielles et très largement distancé au second tour Mme. LE PEN, dont l’élection se serait caractérisée par une politique de repli identitaire, avec fermeture sur le monde en bloquant les frontières, dérives de fait vers un pouvoir autoritaire. De plus, la candidate du FN envisageait de revenir à la « doctrine MATTER », ce qui aurait consisté à réduire considérablement l’application du droit international, en acceptant la primauté des traités sur les lois qu’à condition que les premiers soient postérieurs aux secondes (révision de l’article 55 de la Constitution). Cette logique se serait appliquée aussi aux cours de justice internationales, notamment, la Cour européenne des droits de l’homme, dont l’autorité aurait été remise en cause au profit des juridictions françaises, avec les conséquences que l’on peut imaginer…

Pour lutter contre le terrorisme Islamique, sauf à interdire la religion musulmane, ce que la candidate du FN n’a jamais envisagé et qui par ailleurs ne peut l’être, il existe déjà des lois qu’il suffit d’appliquer avec rigueur et quand on veut passer une frontière, on y parvient toujours. Toutes les dispositions qu’elle à suggéré, n’auraient eu aucune incidence sur le terrorisme Islamique qui gangrène les sociétés Occidentales, mais pas seulement, dès lors qu’en France il se nourrit d’une interprétation plus ou moins instruite du coran au travers de certaines prêche d’Imams radicalisés dans des mosquées, par internet ou dans les prisons. Le travail d’éradication ne pourra se faire que par les musulmans eux même, au premier rang desquels, les dirigeants politiques des pays de l’Islam et les responsables religieux dans le cadre d’une refondation de la théologie musulmane, ainsi que par une politique intérieure du renseignement « des plus performante », ce qui suppose effectifs et moyens à la hauteur des objectifs.

La politique des relations internationales de la France doit changer, notamment vis-à-vis des USA, lesquels en son temps n’ont pas hésité à instrumentalisé les Islamistes en Irak, Libye, Syrie et dont aujourd’hui la crise des migrants n’est que le corollaire d’une évolution dramatique, de cette politique. La France doit faire preuve de plus d’impartialité et s’adresser aux Russes, comme aux USA ou aux Chinois de la même manière et avec la même objectivité. Elle doit cesser de se comporter comme un nain politique en fidèle serviteur des Américains.

Cela impliquerait de rompre avec la politique de François HOLLANDE en Syrie où la France devrait de façon urgente renouer des relations avec le Gouvernement légal de ce pays, plutôt que vouloir bombarder Damas ou guerroyer avec la Russie. Mais, avec le nouveau Ministre des affaires étrangères, ancien Ministre de la défense de HOLLANDE, ce n’est pas gagné…

De la cogitation à la réalité, via le ridicule politique de certains…

Au moment de la passation des pouvoirs à l’Elysée entre le nouveau et l’ancien Président de la République, certains Ministres sortants décidaient de mettre un terme à leur vie politique, quand d’autres faisaient « des ronds de jambe » en espérant obtenir quelques faveurs aux législatives, tel l’ancien Premier Ministre VALLS qui, bravant le ridicule politique, s’empressait de frapper à la porte du parti Présidentiel, laquelle sans lui être totalement fermée, a refusé de s’ouvrir davantage pour l’empêcher d’entrer… Pendant que les responsables de « la République en marche » planchaient sur la désignation des candidatures pour les législatives, le petit milieu politico – médiatique se creusait la cervelle à deviner le nom du premier ministre. Le portrait robot voulait qu’il en ressorte un homme d’expérience issu du sérail des appareils politiques et qu’en même temps il fut un homme nouveau totalement étranger à ce sérail, tout en étant adoubé par la Droite et en même temps par la Gauche, avec une très forte personnalité tout en sachant s’effacer au gré de la bonne ou mauvaise humeur du Président. De préférence il fallait que ce soit un Homme et qu’en même temps ce soit une femme pour rétablir l’équilibre paritaire… Autrement dit, une drôle d’équation à résoudre …Des noms ont souvent été cité… Et Bingo !! C’est un « Juppéiste » Député maire du Havre, Edouard PHILIPPE qui est sorti du chapeau… Dans la foulée, avec toutefois quelques difficultés, c’est enfin la nomination d’un Gouvernement, pour lequel le Président de la république s’est efforcé de parvenir, outre la parité, à un équilibrage politique entre personnalités issues de la Gauche PS, du centre, de la Droite LR et de « la société civile » , dont l’écologiste Nicolas HULOT. Bref un attelage hétéroclite conforme aux désidératas de l’ex candidat MACRON agréé par les Français, avec pour mission : le respect absolu, avec obligation de résultat, de la « feuille de route » imposée par le Président et arbitrée par le Premier Ministre.

Mauvais temps pour les vieux partis Politiques lors des législatives de Juin 2017, mais également et surtout des calculs financiers pour certains

Au PS, le premier secrétaire CAMBADELIS se débat moins pour « garder la vieille maison » selon la formule de Léon BLUM au congrès de Tours en 1920, que pour l’empêcher de tomber en morceaux. Tâche herculéenne, car les murs ne cessent de se lézarder des deux côtés sous des coups de boutoirs de plus en plus forts. D’un côté, il ceux qui veulent s’opposer en tapant parfois violemment sur les autres, HAMON en tête, quand les autres réagissent tout aussi violemment avec l’idée de tout démolir pour reconstruire un nouveau parti et voient dans MACRON le jeune continuateur de la vieille social-démocratie, avec lequel il faut pactiser… En espérant des jours meilleurs, un peu comme aux « beaux temps » de la Quatrième République…Nul doute qu’au législatives les socialistes vont y laisser les plumes…

Si à Droite, après avoir perdu les élections Présidentielles, certains sont satisfaits, car ils ne pouvaient imaginer que le nouveau Président de la République nommerait l’un des leurs premier Ministre et leur octroierait le prestigieux Ministère de l’économie, ainsi que celui des comptes publics, d’autres, en revanche et plus particulièrement à la direction de LR n’apprécient guère. En choisissant pour Matignon Edouard PHILIPPE, un des héritiers d’Alain Juppé, Emmanuel MACRON place la droite face à ce qu’elle redoute depuis longtemps : une fracturation entre son aile modérée libérale-sociale et son aile dure très conservatrice.

Le FN, malgré ses 10 millions de voix, son fonctionnement très pyramidal et centralisé autour de sa Présidente, commence lui aussi sérieusement à trembler sur ses bases. Mme. LE PEN a eu du mal à refaire surface, son vieux père lui savonne la planche, n’hésitant pas à présenter des candidatures face à celles du FN aux législatives de Juin, sa nièce MARION a jeté l’éponge, l’accord avec l’allié d’un jour DUPONT-AIGNAN a explosé en vol et PHILIPPOT de moins en moins à l’aise est de plus en plus contesté par l’aile dure. Etre ou ne pas être une extrême droite de droite ? Telle est la question que certains se posent.

MELENCHON, autre bénéficiaire des Présidentielles (près de 20%) n’a qu’un objectif : détruire le PC et le PS pour prendre leur place. Après s’être servi du PC pour sa promotion Présidentielle et fort de son résultat, il traite désormais de haut ses anciens alliés. Les négociations pour les législatives ont tourné court. Le divorce a été acté mardi 16 mai : La France Insoumise (FI) et le PCF présenteront chacun leurs candidats, avec de gros risques pour le parti de Pierre LAURENT de se retrouver comme EELV et d’y laisser une bonne partie de ses ressources financières. Pour la place du Colonel- Fabien on peste : «  Ce qui intéresse La France insoumise, c’est l’élection de Mélenchon, d’un ou deux de ses proches et d’aller récupérer du financement public. Ce qui ressemble à une feuille de route pour des intérêts d’appareil », tempête le porte-parole du PCF, quand le trésorier du parti, déclare : « Il y a un enjeu financier derrière les législatives pour La France insoumise, ça me paraît tout à fait évident. Il s’agit de transformer cette formation en parti. L’objectif est de toucher de l’argent public que seul un parti peut utiliser… »

Evidemment, l’argent, c’est aussi le nerf de la guerre politique … En savoir plus : http://www.lemonde.fr/elections-legislatives-2017/article/2017/05/11/derriere-les-legislatives-l-enjeu-financier_5126138_5076653.html

« Les idées audacieuses sont comme les pièces qu’on déplace sur un échiquier, on risque de les perdre, mais elles peuvent aussi être l’amorce d’une stratégie gagnante ». GOETTE

C’est à croire qu’en lançant son mouvement « En Marche » Emmanuel MACRON avait à l’esprit cette citation de GOETTE. Malgré sa jeunesse il s’avère être un redoutable et fin stratège politicien et s’il peut être satisfait de l’affaiblissement du PS, sensibilité politique à laquelle il doit cependant sa promotion politique de départ, c’est surtout la Droite, en particulier LR qu’il vise de manière à refonder la vie politique Française pour imposer durablement sa propre politique de recomposition, d’essence sociale – libérale.

Politique, par ailleurs incompatible entre la recherche de la croissance, le libre-échange, la dérégulation et le respect des équilibres écologiques et sociaux imposé par la préservation des ressources naturelles. Malgré tout l’art déployé par Nicolas HULOT, toute action réellement écologique au sens scientifique du terme ne pourra que se heurter à cette politique. Il a beau répéter régulièrement qu’il faut « changer de paradigme », mais aura-t-il suffisamment d’influence pour que les arbitrages gouvernementaux ne passent pas l’urgence écologique par pertes et profits ?… C’est moins sur, d’autant que depuis cinq ans EELV, par ses hiérarques ou ex hiérarques, leur opportunisme et leurs « magouilles » politiciennes est devenu un repoussoir avec un impact électoral désastreux pour l’ensemble du mouvement écologiste, lequel risque fort de ne plus avoir un seul député au soir du 18 Juin.

« Prendre le meilleur des uns et des autres », ce n’est pas très original, mais quand les partis politiques classiques sont dans le trou, ça fonctionne…

Qui aurait pu imaginer il y a deux ans qu’un jeune Ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique du Gouvernement VALLS, inconnu du grand public avant sa nomination, fondateur d’un mouvement « En Marche » aux contours assez imprécis, accèderait en 2017 à 39 ans à la Présidence de la République. Ce mouvement « En marche, dont les militants allaient sillonner le pays pour recueillir l’avis des Français sur une idée simple, voire simpliste : dépasser les clivages Droite Gauche en prenant ce qu’il y a de meilleurs chez les uns et chez les autres… Musique que l’on ne cesse d’ailleurs d’entendre, comme si ce qui est meilleur pour les uns le sera forcément pour d’autres et vice versa. Certes il y a des dénominateurs communs pour certaines valeurs que vous soyez de gauche, écologiste, du centre ou de droite, mais ce type de discours a surtout permis l’émergence d’un projet politique de type social – libéral, ce qui n’est pas forcément très original.

Emmanuel MACRON a bénéficié d’un climat favorable et a su, par ses qualités en tirer profit, pourquoi lui en ferait-on reproche

On ne sait pas très bien où en sont les électeurs, mais il est clair que leurs représentants traditionnels sont au fond du trou. Le Président MACRON s’avance dans un paysage politique dévasté, auquel il contribue par ailleurs en brillant spécialiste, mais pourquoi lui en ferait-on reproche, après tout n’a-t-il pas réussi ou d’autres, tel BAYROU en 2007 avait échoué ? C’est bien connu, pour recomposer, il faut d’abord décomposer et de ce point de vue, bonjour l’artiste, l’opération est un franc succès.

A priori on pourrait se réjouir que ces partis politiques, devenus « par la grâce » des institutions de la cinquième République de véritables écuries Présidentielles, mordent la poussière, voire disparaissent. Après tout ces partis ou mouvements politique sont souvent honnis par les citoyens, parce qu’ils considèrent qu’ils ne servent-il à rien d’autre que d’être des écuries Présidentielles, totalement déconnectés de la réalité culturelle, sociale, économique, écologique… Mais attention, les partis politiques, comme toutes les associations sont l’essence même de la démocratie et les affaiblir, voire souhaiter leur disparition, c’est aussi compromettre la démocratie. Ne faudrait-il pas mieux agir pour, à minima, corriger les effets pervers de nos institutions politiques qui conduisent à cet état de fait ?…

Ce n’est pas seulement le soutien et la manne financière des milieux d’affaires, dont il a très légalement et largement bénéficié qui expliquent sa réussite, mais l’environnement politique Français, particulièrement délétère. L’accumulation des affaires avait depuis longtemps contaminé les principaux partis politiques et irrités les Français face à ce qu’ils considéraient de choquant et provocateur quand, pas une semaine ne passait, sans découvrir par les médias que tel ou tel Maire, Président ou vice Président d’une collectivité territoriale, Député, Sénateur, Ministre était concerné par une affaire, avec des procédures pénales, passées ou en cours, y compris pour deux candidats aux Présidentielles. Si l’un y a laissé les plumes (FILLON) l’autre (Mme. LE PEN) est passé dans une indifférence presque totale. Il est vrai que pour l’un il y avait un aspect moral qui fût jugé beaucoup plus inacceptable.

Ce qui caractérise un parti ou mouvement politique s’est qu’il se définit par son idéologie, avec les valeurs référentielles qui en découlent vont lui permettre définir son programme, sa base sociale, son électorat, éventuellement sa filiation historique, son mode d’organisation, l’ensemble dans le respect des droits fondamentaux et principes imposés par la constitution   Selon ces critères classiques, « En Marche », qui vient de se transformer en parti pour les élections législatives et devient : « La république en Marche » comment peut-il se définir ? Une démarche de type trans-parti qui s’articule autour du Président de la République pour dépasser l’opposition gauche-droite, n’est-il pas désormais secondaire, dès lors qu’il souhaite positionner la « République en marche » comme un grand parti modernisateur du Centre, « libéral, social et européen ». C’est dans ce sens que GISCARD D’ESTAING parvenu au pouvoir en 1974, dans le cadre d’un affrontement classique Droite- Gauche, s’efforça d’agir avec la fondation de l’UDF… Comme quoi si l’histoire ne se refait pas, elle bégaye sérieusement à 40 ans d’intervalle …

Comme le fait observer Laurent JOFFRIN : La base sociale de « La République En Marche » est la petite et moyenne bourgeoisie urbaine diplômée, plutôt que la bourgeoisie traditionnelle des beaux quartiers (qui a voté massivement Fillon) : les « gagnants » de la mondialisation et de la révolution numérique, ceux qui sont équipés pour bénéficier de ses opportunités. C’est une base toutefois trop étroite pour constituer à elle seule un « bloc social hégémonique », capable d’entraîner la société tout entière. La réussite de son quinquennat dépend de l’élargissement de cette base sociale. En toute hypothèse, la tâche de son premier gouvernement sera rude, dans une France fragmentée et en proie à une double radicalisation. C’est alors qu’en cas de victoire de « la majorité Présidentielle » aux législatives de juin, l’existence d’une opposition constructive de gauche de gouvernement, ainsi que d’une opposition de Droite modérée libérale-sociale s’avèrera utile, et peut-être salutaire, pour la réussite du quinquennat.

Pour conclure

Attention, que le pire, bien pire que le pire auquel on a échappé ne soit pas devant nous… Probablement du à l’usage des primaires qui se sont imposées à la majorité des familles politiques et qui permirent surtout d’éliminer les « ténors » de ces sensibilités (DUFLOT chez les Verts, VALLS au PS, SARKOZY et JUPPE à Droite), le niveau intellectuel de cette élection Présidentielle de 2017 fut le pire de toutes les Présidentielles passées. C’est à croire que les affaires qui l’ont marquée ont masqué volontairement toute réflexion sur les défis à relever à l’aube de la quatrième révolution industrielle. Evoquée par les experts du forum économique mondial de Davos, cette nouvelle révolution du numérique (Big Data) aura incontestablement un impact culturel, économique, social, environnemental, énergétique, démographique, autrement dit écologique qui va affecter durablement nos vies, en particulier dans les pays Occidentaux. Faute d’avoir engagé une réflexion profonde et pris des mesures d’adaptation, notamment par rapport à une redéfinition du rapport au travail, l’avenir proche risque de connaître des climats de turbulences sociales, parfois violents.

 

Législatives : Entre recomposition politique et « chienlit » au PS et à LR …

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